J’ai galéré pour trouver un titre à ce billet. Mémo pour plus tard, lettre à mon futur fils, leçons de vie, je ne savais pas quoi choisir. Mais, voilà j’ai décidé qu’il s’agissait d’une missive que je m’adressais et que je vous adressais au même moment vu que vous, c’est moi et moi c’est vous. Victor Hugo ne disait-il pas que « Ah ! Quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. Comment ne le sentez-vous pas ? Ah ! Insensé qui croit que je ne suis pas toi ! ». A la veille de mon anniversaire, j’ai écrit cette petite note à la jeune fille que j’étais il y a quelques années. Un point sur mes expériences et les leçons que j’en ai tirées.
Un an de plus, heureux anniversaire aux natifs du 22 juin et à moi
« Chère Tifoumnaka,
« L’enfance et son innocence »
Le mois de juin est un mois bien particulier pour moi. Tu le sais très bien. C’est mon mois de naissance et il marque mon anniversaire. Depuis quelques années, j’ai donc pris l’habitude de faire un bilan de ma vie en juin, bilan médical, familial, professionnel, spirituel et personnel. Je me rends compte de plus en plus que les années sont passées très vite et que mes rêves d’enfant ne sont pas tous devenus réalité.
De mon enfance, je garde des souvenirs heureux et malheureux. Mais, je peux t’assurer que les souvenirs heureux dominent sur les sombres et que d’une manière générale, j’étais une enfant heureuse. Bien entourée, aimée et appréciée. Merci à N’na et à toute la famille d’être là et de continuer par croire jusqu’au bout. Mon père s’appelait Justin. Il avait une vespa et était rigoureux mais très attentionné avec moi. Il aimait les études et m’a fait aimer les études. Je tiens de lui ma passion pour la lecture et le foot. Mon père était un champion et ma mère un gladiateur. J’ai hérité de leurs gènes, je leur dois tout. Beaucoup pensent que je m’égosillerai à dire partout que je suis une selfmade woman. Non, non, et non. Je n’en suis pas une. S’il faut rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu, alors oui, je dois tout à mes parents et aussi à Dieu pour sa grâce qui a abondé. Je suis ce que je suis grâce à leurs sacrifices. Pour m’avoir inscrite à l’école, m’avoir tenu la main et pour m’avoir guidé durant toutes ces années. Par ailleurs, je suis née dans une grande famille et j’en rends grâce. Je sais la valeur d’être bien entourée et de compter pour les gens. C’est une richesse de savoir que l’on ne sera jamais seul dans la vie et qu’importe ce qui arrivera, il y aura toujours des gens sur qui l’on pourra compter.
« La jeunesse et ses expériences »
Pendant longtemps, j’ai pensé qu’être disponible et toujours apte à aider était une qualité. Aujourd’hui, je me rends compte que c’était une erreur monumentale. Ce que la vie m’a enseigné ces dernières années, c’est que peu de personnes feront pour toi, ce que tu as l’habitude de faire pour elles.
La vie est une impasse, un vrai chemin insidieux, presque sans issue. L’homme nait sans son avis, il meurt sans le vouloir et entre ces deux extrêmes inévitables, l’humain doit s’accorder aux consensus sociaux et à la normalité. Mais, qu’est-ce que la normalité ?
L’âge adulte nous révèle des vérités très amères et douloureuses. Les parents ne sont pas parfaits, ils ne sont pas tous des héros. Les aînés ne sont pas tous des exemples. Les amis ne sont pas toujours loyaux. La vérité se trouve dans les actes et non dans les paroles, tout comme il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour. Il est permis de rêver mais à partir d’un moment, rêver ne suffira plus, le dire non plus, il faudra se décider à le faire. La vie est difficile, très difficile et elle n’a rien d’un conte de fées. Nous n’avons pas assez de temps et le temps passe malheureusement très vite. Est-ce que je me plains que les choses ne se soient pas passées comme je l’espérais ? Je dirai juste que ça aurait pu être pire. Le temps passe vite mais on peut faire notre part. On peut arrêter de perdre notre temps.
« La trentaine et sa maturité »
La maturité a un prix, elle porte en elle le prix des erreurs du passé et des coups reçus. S’il me faut baisser la tête, je les baisserai d’abord pour moi-même. Je ne baisserai pas la tête sur mes erreurs, je les baisserai pour ne pas avoir su ma valeur et ma mission sur la terre plus tôt. Aujourd’hui, je me porte bien, et je rends grâce. J’essaie de me répéter toutes les fois que possible ces quelques leçons que j’ai apprises au fil de mes expériences passées : « Tu feras de ton mieux au jour le jour, sans forcément vouloir impressionner qui que ce soit. Tu éviteras de comparer ta récolte à celle des autres. Tu n’oublieras jamais que l’on est obligé de récolter ce que l’on a semé. Tu as une vie à vivre, et non un monde à impressionner. Les jours d’infortune, souviens toi d’où tu viens et de tout le chemin parcouru pour arriver là où tu es. Tu seras fière de tes parfaites imperfections, de ces défauts et qualités qui font de toi qui tu es : Tifoumnaka. Tu ne devras jamais perdre la foi que tout est encore possible et que le meilleur reste à venir ».
Pour finir, je te laisse méditer cette pensée de Marc LEVY : « on peut blâmer son enfance, accuser indéfiniment ses parents de tous les maux qui nous accablent, les rendre coupables des épreuves de la vie, de nos faiblesses, de nos lâchetés. Mais finalement on est responsable de sa propre existence, on devient qui on a décidé d’être ».




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