Je n’aime pas parler de la mort. Je préfère parler de la vie et de toutes ses possibilités. Le week-end passé, je m’égosillais à affirmer à une amie que j’étais de plus en plus insensible aux évènements malheureux de la vie. En effet, je me plaisais à lui répéter que j’avais vécu assez de pertes douloureuses et de séparations amères au point que j’étais immunisée contre les hécatombes de la vie. Je lui assurai que la seule chose que je redoute dorénavant, ce n’était pas de mourir sans réaliser mes rêves mais c’était la perte de ma mère. Ça c’était le week-end. Puis, il y a quelques heures, on m’a annoncé une mauvaise nouvelle. Le ciel m’est tombé dessus et mes assurances ont disparu. La nouvelle d’un décès est toujours un moment douloureux où des sentiments parfois inimaginables se révèlent. Je n’aime pas les décès car ils me rappellent ma fragilité et ma précarité. Quand ces évènements se succèdent, l’homme est en proie à des doutes où il remet en cause ses convictions les plus profondes. Alors, j’ai écrit ce billet pour me vider l’esprit sans savoir exactement ce que je voulais y dire.
Toutes les fois que j’apprends qu’un jeune décède, je suis abasourdie. La nuit dernière, j’ai râlé, crié, pleuré et maudit. J’ai dénoncé l’injustice de la vie et sa cruauté. Quand tu réalises que les rêves ne seront pas réalisés, que ces personnes ne verront pas les fruits de leur labeur, tu confesses ton impuissance. Et tu te rappelles qu’on n’est jamais trop jeune pour mourir.
Ce que je sais, c’est que la vie et la mort sont indissociables. Je sais aussi que nul ne connait le jour de sa mort et que même si la mort nous apporte amertume, douleur, chagrin et colère, il est important de ne pas oublier que la vie est une grâce. Naitre, vivre et mourir est le passage obligé pour tous les humains. Mais au-delà de la mort qu’on ne peut éviter, il y a une chose bien plus importante qui est l’amour. En effet, entre la vie et la mort, il y a l’amour. L’existence humaine se résume à cette trilogie vieille comme le monde : la vie, l’amour et la mort. Je nous souhaite sincèrement de vivre et d’aimer avant de mourir.
Pourquoi lutter, rêver, planifier si l’avenir ne nous appartient pas ? Si demain ne nous est pas promis, alors pourquoi nous lever chaque matin ? Sommes-nous souvent tentés de demander. Je dirai que tant qu’on est là, on doit se mettre debout, retourner au combat pour gagner sa pitance et faire sa part. Vivre comme il le faut, pas vivre pour vivre mais vivre pour impacter positivement les siens, vivre pour apporter du changement, vivre sa vie comme on l’entend et vivre pour être heureux.
Dans la vie, on doit aimer. Aimer car vivre, c’est aimer. Aimer sa famille et ses amis, aimer les autres et accepter d’être aimé, apprécier l’amour dans sa grandeur et sa diversité, aimer en vérité et sans arrière-pensée. Aimer tout simplement. Je nous invite vivement à témoigner de l’amour autour de nous et à connaître l’amour. Je prie pour que nous soyons heureux dans nos relations amicales et amoureuses. J’espère que nous vibrerons au son de certaines voix et que dans les yeux de ceux qui nous sont chers, nous saurons trouver et reconnaître l’amour. Une vie réussie est une vie pleine d’amour partagé.
Mourir quand le moment viendra, tirer dignement sa révérence, mourir en paix en sachant qu’on aura fait sa part et qu’on aura contribué un tant soit peu à faire de notre monde un meilleur endroit pour les autres. Mourir en continuant à vivre car les bonnes et vraies personnes ne meurent jamais, elles continuent de vivre quand l’obscurité s’invite car leur lumière à jamais ne saurait s’éteindre et leurs actes et œuvres demeureront à jamais.
Ce billet est un hommage à tous mes chers disparus en cette année et à vous qui êtes partis trop tôt. Reposez en paix.
Pour finir, j’aimerais partager avec vous cette phrase d’un frère qui me dit souvent que « la vie, c’est deux jours ». La vie, c’est en effet deux jours. Deux jours pleins ou deux jours vides, tout dépend de nous.




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