Je ne parle pas de politique sur ce blog et ce billet n’est pas une exception à cette règle. Aujourd’hui, je veux parler du dernier livre « Crise d’autorité, Abus de pouvoir » de Monseigneur Nicodème Anani BARRIGAH-BENISSAN, Archevêque de Lomé. L’auteur n’est plus à présenter. Au-delà de sa qualité de chef de l’église catholique du Togo, il est diplomate, écrivain, compositeur et artiste.
Le café littéraire consacré à l’œuvre qui s’est tenu le samedi 21 mai 2022, au siège de l’OCDI à Lomé a été un moment d’apprentissage pour moi. C’est vrai que j’avais déjà lu le livre mais prendre part à cette activité littéraire m’a permis de comprendre plus encore la démarche de l’auteur, ses motivations pour écrire un livre sur une telle thématique ainsi que ses attentes.
Ce livre paru aux éditions Le Masque noir, est un essai de 126 pages, au format poche, qui analyse le déclin de l’autorité sous toutes ses formes dans une société marquée par la mondialisation et propose des solutions pour y faire face.
Je voudrais d’entrée souligner que le livre est écrit dans un style abondamment structuré, concis et accessible à tout type de lecteur au point que bon nombre de lecteurs pensent qu’il s’agit d’un traité et non d’un essai. Il aborde de manière pragmatique un sujet d’actualité et constitue à n’en point douter une pertinente et généreuse contribution sur la question.
Selon l’analyse de l’auteur, chaque fois que l’autorité est imposée par la force, elle s’autodétruit car elle devient autoritarisme. En effet, il existe une relation indéniable entre le déclin de l’autorité et l’abus de pouvoir car toutes les fois que l’autorité a eu besoin de recourir à la force, il s’agissait bien de cas où elle est contestée, que ce soit en famille, dans la vie sociale, dans l’église ou en politique. Partant de ce constat, l’archevêque lance un plaidoyer en faveur de la réhabilitation de l’autorité, dans la famille, dans la vie sociale, à l’église et en politique.

L’autorité à l’église
Dans l’église, les dirigeants doivent toujours garder en mémoire que l’autorité provient de Dieu et celui qui l’exerce le fait uniquement par délégation. Dans ces conditions, il existe une obligation d’obéissance envers l’autorité originelle qui est Dieu. Afin de réhabiliter l’autorité dans l’église, il est important selon l’auteur, de prendre en compte la dignité de toute personne afin que l’autorité ne soit plus perçue comme domination mais plutôt comme la pitié des faibles, le partage des responsabilités de la société, dans un esprit de collaboration et de coopération. Dans la bible, il est écrit que « le plus grand doit être le serviteur de tous ».
L’autorité dans la famille
L’autorité est en crise dans nos familles d’autant plus que les enfants accusent souvent leurs parents de ne pas être assez experts. L’auteur souligne qu’il est important de se rappeler qu’être parents n’est pas une question d’expert. En réalité, on n’a pas de diplôme de parent avant de devenir parent. C’est pourquoi les parents devront seulement s’évertuer à offrir à leurs enfants le meilleur. Pour Mgr Barrigah-Benissan, « un père et une mère, n’ont pas besoin d’être des experts pour que leur autorité soit reconnue car dans la famille, la compétence ne précède pas l’autorité mais la suit ». Les parents sont investis d’une autorité naturelle et il serait de bon ton que cette autorité soit respectée. Il précise toutefois que l’autorité des parents ne sera respectée que si les enfants trouvent en eux des modèles et des exemples. A l’heure où les réseaux sociaux sont devenus des autorités nouvelles et nous contrôlent insidieusement, il est plus que nécessaire d’aider les jeunes à distinguer les autorités qui les aident à grandir de celles qui les avilissent.
Il est important de restaurer l’autorité dans la famille car la famille est le socle de la vie humaine et d’elle dépend l’avenir de nos sociétés. En effet, un enfant qui n’aura pas appris à respecter l’autorité de ses parents aura du mal à respecter l’autorité de son enseignant à l’école, l’autorité de l’agent qui régule la circulation, l’autorité dans un service public et l’autorité dans la cité. C’est dans nos maisons que l’autorité doit être restaurée au prime abord si nous voulons des résultats tangibles dans la société.

L’autorité est service, sollicitude et exemple
Après la lecture de ce livre, j’ai retenu que l’autorité doit servir ou mieux encore l’autorité signifie service. L’autorité n’a pas besoin de force pour être reconnue ou respectée, elle a seulement besoin de montrer l’exemple en privilégiant l’intérêt général. Servir son prochain, faire grandir les autres, privilégier l’intérêt général et non les intérêts personnels égoïstes. En tout temps, il faudra se rappeler que Dieu est la source de toute autorité et de tout pouvoir et que l’autorité doit être sollicitude et bienveillance. A ce titre, savoir être un exemple pour les autres autour de soi. L’autorité, c’est communiquer le sens du bien commun aux jeunes et aux enfants par l’éducation.
J’encourage les uns et les autres à se procurer un exemplaire auprès des Éditions le Masque noir dont le site officiel est https://editions-lemasquenoir.com/et surtout à le lire, afin de trouver des pistes de solutions pour les problèmes liés à la crise de l’autorité dans la société actuelle.





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