Je ne sais pas s’il existe encore des personnes qui ne savent pas ce qu’est le YALI. Si c’est le cas, ce billet vous aidera à mieux comprendre de quoi il s’agit. Le Young African Leaders Initiative (YALI), ou Mandela Washington Fellowship (MWF), est une initiative du département d’État des États-Unis. Ce programme, lancé en 2010 par le président américain Barack Obama, vise à forger un réseau actif de jeunes leaders africains. J’en ai déjà parlé il y a 3 ans dans le billet Hommages au Président Obama et au CRL YALI Dakar. Plus concrètement, il consiste en une formation de six semaines dans des universités américaines offerte à des centaines de jeunes de l’Afrique sub-saharienne, chaque année. Depuis le 08 juin 2022, 700 jeunes leaders africains prennent ainsi part au Mandela Washington Fellowship 2022 dans une vingtaine universités américaines, en Engagement civique, Business et Leadership et en administration publique.

Ce que vous devez savoir, c’est que j’aurais dû écrire ce billet en juin mais le programme est chargé. En effet, depuis 4 semaines, je participe activement au YALI 2022. Lauréate de l’édition 2022 du YALI, j’ai été placée au sein de la célèbre Howard University de Washington DC, en plein cœur de la capitale fédérale américaine, à cet effet. Je précise d’ores et déjà que l’actuelle vice-présidente des USA Mme Kamala HARRIS a étudié dans cette université. Howard University est également la première université noire créée en 1867 après la fin de l’esclavage dans le pays et accueille depuis plus de 150 ans des étudiants de divers horizons pour une formation de qualité.

Le Mandela Washington Fellowship est un programme taillé sur mesure qui permet aux participants de se familiariser avec le monde américain qu’ils n’ont vu et ou entendu parler que de loin pour la majorité. C’est ainsi que pendant 4 semaines déjà d’un programme intensif et rigoureux, j’ai été initié aux modèles et aux meilleures pratiques américaines avec un renforcement des capacités techniques et de leadership dans des domaines tels que l’engagement des citoyens, la gestion des ressources humaines, la gestion des finances publiques et les interactions du gouvernement avec les entreprises et la société civile.
Six semaines paraissent insuffisantes pour apprendre tout de l’administration américaine, de ses pratiques et de ses leçons de leadership. Toutefois, six semaines, c’est aussi une période raisonnable que les boursiers peuvent exploiter pour peu qu’ils sachent la raison pour laquelle ils sont allés aux États Unis d’Amérique. Il s’agit d’un programme intensif et productif où les apprenants sont mis dans des conditions qui les poussent à mettre en pratique les théories apprises. Dans ce billet, j’aborderai respectivement les moments forts de mon MWF 2022.

Les sessions de cours : Le Mandela Washington Fellowship n’est pas une formation normale où les apprenants viennent pour copier des cours. Les séances de cours sont principalement interactives faites d’échanges et de discussions. Les thématiques abordées : leadership civique, plan d’action, forces d’un leader. J’ai particulièrement apprécié la leçon pour déterminer ses talents et les moyens de les utiliser. Je dois confesser que je ne savais pas que cet exercice, le test ClinftonStrenghts, existait et ses résultats m’ont impressionnée.

Les visites d’études : les visites sont une composante essentielle du programme. Elles offrent l’occasion aux boursiers d’approfondir leurs connaissances des États Unis d’Amérique en les plongeant au cœur des administrations, en discutant avec des responsables et en découvrant les lieux, leurs histoires et leur fonctionnement. Le fait d’avoir été placée à Howard University de Washington DC a été un réel avantage en raison de la proximité des institutions administratives et politiques du pays. Ce qui est intéressant avec ces différentes visites, ce ne sont pas les photos à prendre. Ce sont plutôt les histoires que les hôtes se font un plaisir de partager avec les boursiers. J’ai ainsi découvert une des compétences des Américains, celle de raconter des histoires ou le storytelling. C’est donc avec joie et curiosité que j’ai visité la Maison blanche, le Washington Monument, le Martin Luther King Memorial, le Capitol Hill, le Musée national de l’histoire et de la culture afro américaine, l’USADF, l’USAID, la mission de l’Union africaine aux USA, le centre d’études stratégiques sur l’Afrique et le Brookings institute. Dans chacun de ces lieux, j’ai appris quelque chose que je ne n’oublierai jamais.

Le community service : Les boursiers sont invités une fois par semaine à effectuer une activité communautaire obligatoire. Dans le cadre de la célébration du 19th june, fête nationale marquant la fin de l’esclavage, nous avons aidé la communauté afro-américaine à nettoyer un espace, à le décorer, à réguler la circulation et à animer les stands. Une autre activité communautaire a été d’aller aider les paysans de la Florencia Farm à rendre propre un champ de légumes, de fruits et de plantes.

Les Community of Practice (COP) : Ce que j’ai aimé de cette activité hebdomadaire, c’est le fait de se retrouver en ligne avec des lauréats d’autres universités et d’autres programmes mais travaillant dans des domaines similaires au sien. Cette activité était en effet une occasion de pratiquer les cours lus sur Canvas qui est la plateforme d’études des boursiers avec des ressources variées.
Les sessions de coaching : Le YALI, c’est aussi au minimum 3 séances de coaching avec un coach affecté par boursier afin d’améliorer et de préciser tous les éléments du projet à fort impact social du boursier, pour une mise en œuvre efficace après le retour du boursier dans son pays.
Le summit : c’est le point culminant du programme et comme son nom l’indique, le sommet est l’évènement au cours duquel les autorités en charge du programme YALI rencontrent les boursiers, à travers des sessions d’échanges, des expositions, des panels et des présentations. Par le passé, les boursiers ont eu l’occasion de rencontrer le président OBAMA au cours du sommet. Pour notre part, COVID 19 oblige, le sommet sera plus virtuel que présentiel.

Je ne saurai dire pourquoi le programme débute habituellement en début juin et se termine en juillet. Tout ce que je sais, c’est que pendant cette période, les Américains célèbrent deux grands évènements nationaux le Juneteenth, fin de l’esclavage des noirs dans le pays à la fin de la guerre qui a opposé le nord au sud et le 4th july, independance day. La célébration de ces deux fêtes nous ont permis d’apprécier le degré de patriotisme des Américains mais aussi de contempler les impressionnants feux d’artifice.
Voilà de façon globale, ce que je vis depuis que je prends part au Mandela Washington fellowship 2022. Dans un autre billet que j’espère écrire dans les prochains jours, je reviendrai plus concrètement sur ce que j’ai appris lors de ce programme.




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