La douleur de ceux qui restent

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Samedi dernier, notre oncle adoré a été conduit à sa dernière demeure, auprès de nos parents et grands-parents à Koka dans la ville de Niamtougou. C’était le seul oncle qui m’appelait toujours Tifoumnaka depuis l’époque où je courais dès que j’apercevais sa voiture rouge se garer devant notre maison.

Notre oncle s’en est allé rejoindre nos ancêtres, il a rejoint la maison du père. Notre oncle maternel était bien plus qu’un oncle pour nous, mes frères, sœurs et moi. Bien avant le décès de notre père, il était là et bien plus encore quand nous sommes devenus prématurément orphelins.

Il était bien plus qu’un oncle. Il était une figure paternelle, toujours disponible, bienveillante et ô combien généreuse, prodiguant conseils à profusion, souhaitant le meilleur pour nous, soutenant petits et grands.

C’était un homme bien mais avant tout, il était un homme bon. C’était un modèle, un patriarche, un exemple. Il éduquait par son attitude, sa démarche et ses paroles. Il inspirait par ses mots empreints de justesse.

Son humanisme n’avait d’égale que sa profonde conviction que tout homme est bon et utile, et qu’il n’y pas de cas perdus d’avance, d’enfants irrécupérables. Il ne posait pas de lapins, ne donnait pas de faux rendez-vous. Sa maison était toujours ouverte et tout le monde était bienvenu. Notre oncle n’avait qu’une parole : la parole de la disponibilité et de la bienveillance. Il a cru en mes frères, mes sœurs et moi. Il aimait nous présenter fièrement comme ses neveux, les enfants de sa petite sœur. Il croyait en tous ceux qui croisaient son chemin.

Samedi dernier, notre oncle a été conduit à sa dernière demeure, auprès de nos ancêtres. Mais, ce n’est pas encore fini. Il continuera à vivre à travers ses enfants, ses petits-enfants, ses neveux et nièces, ses anciens étudiants et tous ceux qui l’ont connu. Avec lui, j’ai appris que dans la vie, tout être humain a droit à la bienveillance des hommes, à leur compassion quand il traverse des difficultés, et que nous avons tous droits à plusieurs chances même si nous nous sommes trompés ou égarés plus d’une fois.

Depuis l’annonce de son départ vers le Père, j’ai réalisé une fois encore que les temps ont beaucoup changé car les personnes comme mon oncle se font de plus en plus rares, ces personnes qui privilégient l’être humain, le bien et les valeurs.

Honorer la mémoire de notre oncle, c’est continuer de faire rayonner les valeurs qui étaient les siennes. C’est essayer chaque jour d’être une bonne personne, empreinte de bienveillance, d’altruisme et de compassion envers les autres, c’est faire sa part, c’est préférer le bien au mal, c’est d’honorer ses engagements. Au-delà de la douleur de ceux qui restent, ce moment difficile nous donne la force de continuer à vivre.

Repose en paix cher oncle bien aimé et que brille à tes yeux la lumière sans déclin.

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