Hier, le rideau est tombé sur le premier Forum Togo –Union Européenne, portant sur le thème « Bâtir des relations économiques durables et pérennes entre le Togo et l’UE » que le Togo a eu l’honneur d’accueillir les 13 et 14 juin 2019. Et, il faut le dire, j’ai manqué ça. Il parait même que le grand DANGOTE était à Lomé. J’aurais bien voulu lui demander à tout prix comment il a fait pour devenir si riche, et qui sait… Je disais donc qu’il y avait des grands messieurs à Lomé ces derniers jours. En 48 heures, on aura eu le défilé d’éminentes personnalités venues du continent et du reste du monde. Tour à tour, Aliko Dangoté, Carlos Lopes, Mario Pezzini, ou encore Lionel Zinsou et Dominique Strauss-Kahnn, ont été associés aux panels et à diverses sessions. Si vous ne les connaissez pas, ce n’est pas grave. Vous pouvez faire une recherche rapide sur google et vous saurez tout à leur sujet. Cet évènement d’envergure internationale n’est pas un coup isolé. En effet, la capitale togolaise accueille régulièrement ces derniers mois différentes rencontres consacrées à des thématiques variées.
Le Sommet extraordinaire de l’Union Africaine, sur la sécurité, la sureté maritimes et le développement en Afrique, tenu à Lomé en octobre 2016, a annoncé les couleurs d’un retour du Togo sur la scène continentale et mondiale. Cette rencontre, une première depuis plusieurs années, a permis de drainer vers Lomé plus de 1000 personnes, visiteurs, délégations officielles ou invités spéciaux et de faire de Lomé, l’instant de quelques jours, le centre de la diplomatie africaine.
On nous raconte souvent que par le passé, Lomé était « la belle » et le Togo était la Suisse de l’Afrique. Il semble toutefois que ces moments soient révolus. En effet, même si Lomé n’est pas devenue une poubelle, tout le monde convient qu’elle est moins belle et qu’il ne fait pas toujours si bon d’y vivre. Entre temps, on ne sait pas ce qui s’est passé. Mais, rassurez-vous, je connais des villes africaines bien plus sales que Lomé. Heureusement, beaucoup de choses ont changé ces derniers temps. Lomé se porte beaucoup mieux. A défaut de retrouver ses lettres de noblesse de l’époque d’antan, les sommets sont l’occasion de faire nouvelle peinture ou rénovation de certains sites de la ville pour faire bonne impression. On saluera ici les efforts consentis par les services techniques compétents à cet effet.
A la suite du sommet historique sur la sécurité maritime, Lomé a abrité d’autres évènements successifs notamment les différents Comités techniques spécialisés (CTS) de l’Union Africaine, la conférence ministérielle ACP UE, le Forum AGOA, les Sommets CEDEAO, CEDEAO-CEEAC, UEMOA pour ne citer que ceux-là. Il est important de saluer l’organisation réussie de ces différentes messes internationales et de reconnaître que petit à petit notre pays retrouve sa place dans le concert des Nations. 
Pour la petite anecdote, ça fait plaisir et c’est touchant quand lors d’un court séjour à l’étranger pour une réunion professionnelle, un homologue étranger te dit qu’il connait Lomé et qu’il y était pour telle rencontre.
La majorité de la population a eu à se prononcer sur le bien-fondé de ces sommets et leur incidence sur la croissance ou le développement du pays. Je ne suis pas là pour donner raison aux décideurs ni pour prendre position. Je dirai juste que sur bien des plans, les avantages de ces rencontres sont légion en termes de visibilité régionale ou internationale et de retombées économiques. Il s’agit d’un important moyen de promotion du secteur touristique et les revendeuses de pagnes du Grand marché, ainsi que les propriétaires des hôtels de la place ont su avoir leur part du gâteau. En effet, toutes ces rencontres sont de très belles publicités pour notre pays. Avouons-le.
S’agissant du dernier en date, je veux bien évidemment parler du Forum UE-Togo, il s’inscrit surtout dans une dynamique de partenariat gagnant gagnant et d’une coopération mutuellement bénéfique. En termes de résultats concrets , 1,3 milliards d’euros, soit 852 milliards FCFA de promesses fermes ont été faites par les investisseurs européens au Gouvernement togolais. Cette moisson est le montant cumulé des financements que nécessiteront les 141 projets bancables validés sur les 400 présentés. Certains me diront qu’il s’agit uniquement de promesses. C’est vrai, mais pour ma défense, je dirai que c’est mieux que rien.
En définitive, Lomé devient la capitale des sommets, certes pas au même titre que New York, Addis Abeba ou Bruxelles mais bon an mal an, elle fait sa part pour devenir bientôt un hub international tel que l’énonce si bien le premier axe de notre fameux Plan National de Développement (PND). Dans tous les cas, Paris ne s’est pas construit en un jour, comme le disait l’autre là.



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