
Samedi dernier, me voilà comme par enchantement, dans les Plateaux, précisément à Kpalimé. J’avais oublié combien j’aimais cette ville si belle et si calme, où côtoyaient monts et vallées, maisons et arbres. Je le disais à mon hôte qui était venu me chercher à ma descente du bus devant le bâtiment jaune et bleu de la Poste de la ville. Kpalimé était la ville que j’avais le plus visité dans ce petit rectangle que nous appelons affectueusement notre chère patrie.
En 2007, j’ai découvert cette ville à la faveur d’une excursion et le coup de foudre fut immédiat et sans appel. Les occasions pour y retourner ne manquèrent pas, heureuses ou malheureuses et j’en ai profité. Ma seconde famille est de là, comprenez le ainsi. Je disais donc que samedi dernier, j’étais à Kpalimé et cela m’a fait du bien. Le long du trajet aller, j’ai admiré la beauté du jour levant et ses espaces verts à perte de vue. Le calme, les champs de produits agricoles et en même temps les terres vierges, non encore souillées par la main humaine. Ah oui, le Togo est petit mais vaste. Il faut sortir de Lomé pour s’en rendre compte.
Kpalimé, c’est la préfecture de Kloto, à peine à 200 kilomètres de la capitale vers l’ouest à la frontière avec le Ghana. Là-bas, le climat est spécial et unique vu que nous sommes en altitude et la géographie très généreuse avec une gamme variée de sites à visiter pour les touristes. Rappelons juste que la ville de Kpalimé abrite le plus haut sommet du Togo, le fameux Pic d’Agou qui culmine à 986 mètres d’altitude et d’autres sites comme la cascade de Kpimé, le château Vial, le centre artisanal, pour ne citer que ceux-ci. La dernière fois cependant, je n’ai pas eu l’occasion de visiter ces sites ou les interminables plantations de café et de cacao. Il n’était non plus possible d’arpenter les rues de cette ville pour apprécier tous ces blancs qui s’y promènent et tous ces « reggaemen » ou « artistes », à la recherche de je ne sais quoi. Sûrement sont-ils à la recherche d’inspiration pour les uns, de sensations fortes pour les autres voire même pour un service humanitaire pour certains. En tout cas, chacun a ses raisons d’aimer Kpalimé.
Pour ma part, c’était juste le temps d’un samedi…Une rencontre chaleureuse et familiale, un sacrement célébré, et un déjeuner partagé en toute fraternité et convivialité. Du bon foufou made in home, assaisonné d’une délicieuse sauce claire avec des morceaux de « gbonlan » a été servi. Un peu de sodabi, assez de vin rouge et beaucoup de blagues ça et là et nous avons passé un moment inoubliable. Dans tous les cas, aller à Kpalimé sans y manger du foufou est bien plus qu’un délit. Les femmes de là ont une recette spéciale pour ce plat. Je ne dirai pas plus. Vous devez expérimenter cela par vous-même.
Je garde de bons souvenirs de cette ville. Il faudrait que j’y construise ma résidence secondaire, bref si c’est possible et si ça peut contribuer à mon bonheur. Parfois, on croit que le bonheur, c’est la somme de plusieurs possessions ou acquisitions. Alors, qu’il réside juste à côté. Le bonheur se cache, il parait inaccessible mais en réalité, il n’est pas bien loin. Il se trouve bien plus près qu’on ne le croit. Il réside dans l’instant présent. Le bonheur, c’est aussi accepter de sortir de sa zone de confort et se retirer de temps en temps, loin des sollicitations quotidiennes et de l’agitation de la capitale. C’est lire un livre, échanger avec un inconnu dans la rue, méditer ou courir, aider un vieux dans la journée, briser la routine. Bref, le bonheur, c’est de cueillir l’instant présent et d’en profiter à fond.



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