Le weekend dernier, j’ai échangé avec des amis désœuvrés et tristes du fait de la suspension des championnats européens de football. Oui, des habitants de la banlieue nord de Lomé appelée Agoè se sont retrouvés à subir les conséquences d’une situation assez délicate qui se déroule dans l’hémisphère nord. La faute à l’épidémie du Coronavirus. Qui l’aurait cru quand cette épidémie avait démarré en Chine il y a quelques semaines. Voilà où nous en sommes avec la mondialisation.

Un camouflet pour les grandes puissances du monde
« Nous sommes en guerre. En guerre sanitaire certes, nous ne luttons ni contre des armées ni contre une autre nation. Mais l’ennemi est là, invisible et il progresse ». Ces propos du président français Emmanuel MACRON au soir du lundi 16 mars 2020, lors d’une allocution adressée au peuple français, sont assez illustratifs de la gravité de la situation sanitaire en Europe. Depuis quelques semaines, l’Europe vit des situations très difficiles qui appellent à des décisions drastiques. L’épicentre de la pandémie n’est plus la Chine mais plutôt l’Europe avec l’Italie comme pays le plus touché.
Science sans conscience n’est que ruine de l’âme, disait Rabelais. Malgré le développement de la science, aucune solution, à l’heure actuelle, n’a été trouvée pour mettre fin à la propagation de la pandémie du Covid 19. Il y a quelques jours, l’OMS a reconnu que cette épidémie était devenue une pandémie mondiale vu que tous les continents étaient touchés. En effet, le Covid 19 mène sa course folle à travers le monde en laissant sur son passage désolation, chamboulement et surtout vide. Cette maladie insoupçonnée il y a quelques mois et incontrôlable à l’heure actuelle a complètement changé le quotidien des peuples du monde entier. Au Japon par exemple, les commémorations du tsunami de 2011 ont été organisées dans la plus grande discrétion la semaine dernière et même si les uns et autres ne pensent pas encore au report des jeux olympiques, cette question se pose de plus en plus. En Chine, des activités ont été suspendues, des services fermés et toute la province de Wuhan peuplée de plus 60 millions de personnes a été mise en quarantaine, coupée du monde pendant plusieurs semaines afin de limiter la propagation du virus. C’est également le cas actuellement en Europe dans des pays comme l’Italie, la France, l’Espagne, la Belgique et le Vatican qui n’ont eu d’autres choix que de mettre en quarantaine leur territoire entier obligeant ainsi leurs citoyens au confinement. Frontières fermées, conférences annulées, compétitions sportives suspendues ou reportées, rencontres de groupes interdites, contacts limités, voilà une liste non exhaustive des conséquences de la situation. Tous les services sont interdits sauf les services d’urgence nécessaires à la survie de l’homme. Tout part en vrille en Asie, Europe, Océanie, Amérique et même en Afrique. Tous les peuples sont touchés du pôle nord au pôle sud car le Covid 19 ne connait ni frontière ni protocole. Ces derniers jours, des églises et des mosquées sont fermées et les célébrations religieuses interdites en groupe dans beaucoup de pays afin de limiter la propagation de la maladie. C’est l’occasion d’apprendre une nouvelle façon de vivre la religion et de mettre à contribution sa foi en Dieu.
La Chine a été la première à porter sa croix et les grandes puissances en ce temps ont procédé au rapatriement en urgence de leurs ressortissants. A l’heure actuelle, la Chine vit une situation stable et le gouvernement est en train de gagner la bataille C’est à présent le tour des autres régions du monde de porter leurs croix. Il faut croire qu’aucun pays n’échappera à cette pandémie. L’économie mondiale a pris un grand coup et beaucoup de secteurs sont à l’arrêt notamment le tourisme et le transport aérien.
Tous les pays du monde vivront des situations improbables tôt ou tard car chacun a son tour chez le coiffeur et dans cette vie, la roue tourne. Elle tourne à une vitesse aussi exponentielle que la propagation du Covid 19.
Une leçon pour nous, pauvres humains
Les humains pensent souvent à tort être le centre du monde, dotés de l’intelligence et de la capacité de faire ce qu’ils veulent quand ils veulent. Les humains pensaient encore ainsi jusqu’à ce que le Covid 19 ne s’invite dans leur mode de vie déjà établi et programmé. Cette pandémie vient nous rappeler que riches ou pauvres, diplômés ou illettrés, ce virus nous met sur un pied d’égalité : notre vulnérabilité et impuissance face à la mort.
Cette situation est une occasion de plus pour nous rappeler notre précarité. En effet, nous sommes tous égaux et fragiles, blanc ou noir, homme ou femme, riche ou pauvre, européen ou asiatique, américain ou africain. Nous ne sommes que de petits êtres humains prétentieux et orgueilleux croyant décider de l’avenir du monde alors que ce n’est vrai. En ce premier trimestre de la fameuse année 2020, il s’agit d’une vraie leçon d’humilité que la nature nous envoie. C’est l’occasion pour nous d’apprendre une nouvelle manière de vivre et de nous comporter à l’égard des autres avec bienveillance, patience, amour et solidarité car c’est ensemble que les humains iront au bout de cette pandémie.
En effet, toutes ces stars que nous aimons suivre sur les réseaux sociaux et auxquelles nous essayons de ressembler dans nos vies quotidiennes sont tous en quarantaine comme tous leurs concitoyens. Il est urgent pour nous de descendre de nos grands chevaux et de commencer par faire preuve de plus d’humanité et d’humilité. Le Covid 19 ne fait pas de distinction. Au rang des personnes contaminées, on compte de grandes personnalités notamment l’épouse du premier ministre canadien, le prince Albert II de Monaco, des ministres en France et en RDC et même des sportifs de grand nom comme Mikhael Arteta, coach d’Arsenal, Blaise Matuidi, international français évoluant à la Juventus, Rudi Gobert et Kevin Durant des stars de la NBA.

De l’urgence d’une solidarité internationale
Il y a quelques années, le continent africain a été victime d’une épidémie appelée Ebola avec des conséquences graves surtout en RDC, Guinée et Sierra Léone. Cette situation, en son temps, avait fait des africains des personnes à éviter pendant plusieurs mois.
A l’heure actuelle, des mesures spéciales sont décidées par divers gouvernements afin de faire face à cette crise et il faut le saluer. Toutefois, pour que ces différentes décisions courageuses et nécessaires soient efficaces, il faut d’une part une plus grande solidarité entre les Etats, entre l’OMS et les Etats, et enfin entre les Etats et leurs populations.
En effet, l’heure n’est plus aux discours mais plutôt aux actions, plus aux intérêts privés mais plutôt à l’intérêt général. Il n’est plus question de blaguer sur cette maladie car elle a bien montré ses conséquences en Asie et en Europe. Il suffira pour cela de suivre les informations sur les médias pour y remédier. Il convient plutôt de suivre à la lettre les recommandations émises par l’OMS et relayées par la quasi-totalité des gouvernements visant à prévenir cette maladie surtout dans nos pays d’Afrique noire où les systèmes de santé ont besoin de mise à jour depuis belle lurette. Éviter les foules, rester chez soi si on n’a rien à faire dehors, se laver régulièrement les mains, saluer les gens sans donner la main ; éviter de tousser en public ou alors tousser dans le coude et surtout utiliser des mouchoirs à usage unique, ce sont là quelques gestes utiles à faire et à partager avec les autres.

Il est primordial que nous nous appropriions ces gestes barrières car il vaut mieux prévenir que guérir.



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