J’espère que vous allez bien. Pour ma part, tout baigne comme aiment le dire les jeunes. Je sais, ça va vous faire un choc de lire cette missive. Vous vous demanderez certainement qui m’a donné le droit de m’adresser à vous. Je parie que vous direz que c’est très culotté de ma part d’oser vous écrire pour vous faire des confidences, surtout que nous ne sommes pas amies. Mais, avant de commencer, je voudrais vous demander de lire cette correspondance avec calme et de la relire plusieurs fois avant toute réaction. Alors même que je suis en train de vous écrire, je me demande si c’est vraiment une bonne idée.
Je suis celle que vous ne connaissez pas mais qui vous connait très bien. Je suis dans l’ombre, discrète mais présente chaque jour de votre vie. Je suis la maîtresse de votre mari. Votre homme est aussi le mien, même si cette affirmation n’est pas toujours vraie. Il est le mien l’instant d’un moment, quelques heures par semaine et avec un peu de chance certains week-ends loin de vous. Vous savez, quand je regarde les épisodes de la série sénégalaise Maîtresse d’un Homme Marié, je souris un peu car je me retrouve dans certains personnages. J’aime cet homme, même s’il est marié. J’aime cet homme et je rêve de porter ses enfants. Oui, je voulais vous rassurer qu’entre nous, ce n’est pas que du sexe. Même si je l’avoue, on aime bien ça. Les étreintes tumultueuses et tout ce qui va avec. La passion et l’extase. Ces moments de purs délices où nos corps s’entremêlent et nos cœurs battent à l’unisson. Ces moments où après avoir dîné, ou bu quelques verres, on se dirige vers un hôtel discret pour faire ce que vous savez, avec une once de culpabilité mais beaucoup de désir qu’on ne peut refréner. Ça c’était une autre époque.
Ce n’était qu’une aventure au début. Quand j’ai connu votre époux, j’étais libre de tout engagement et je sortais d’une relation compliquée. Je voudrais préciser que je ne cherche aucunement à me justifier. Au début, je ne cherchais qu’à passer du bon temps et à me sentir femme à nouveau. Votre époux m’avait dit que c’était compliqué avec sa femme. C’est vrai qu’il ne m’a pas caché son statut d’homme marié et de père. Ce qu’il avait oublié de me dire, c’est que vous, sa femme, étiez enceinte et qu’il était juste à la recherche de nouvelles sensations. Ce n’était pas prévu que ça dure autant. Je n’envisageais pas de relation avec un homme marié. Quel avenir pouvais-je avoir avec cet homme ?
Deux années après, je suis toujours là et j’aime cet homme. J’ai appris à l’aimer. Et je ne me sens plus coupable d’être avec lui. J’aime sa maturité comparée aux jeunes hommes de mon âge. Votre époux est un homme merveilleux. Vous le savez sûrement mieux que moi. Vous l’avez bien choisi parmi d’autres prétendants. Qui sait ? Depuis quelques temps, vous devez moins le porter dans votre cœur en lui reprochant d’être distant et souvent absent. Et vous avez raison. Depuis qu’il a baillé un appartement pour moi, il lui arrive de rentrer à l’aube. Vous lui faites la misère de temps en temps mais avec moi, il retrouve la paix et la joie. Il a, de nouveau confiance en lui et a recommencé à se sentir pleinement homme.
Aujourd’hui, j’ai envie d’être égoïste et de penser aussi à moi avant de penser aux autres. J’aime cet homme et je n’ai pas envie de le perdre. Ce que je ressens dans ses bras est juste indescriptible. Sa présence m’apaise et me comble. Ses mots m’inspirent et ses actions m’impressionnent. Je suis désolée chère rivale mais je n’ai pas envie de perdre cet homme, qui est votre époux et le père de vos enfants. Je sais que c’est cruel et cynique de le dire si ouvertement.
Au point où j’en suis, j’ai envie de porter ses enfants. J’ai envie de voir nos vies liées par un symbole aussi fort que la chair de nos chairs et le sang de notre sang. J’ai envie de sceller notre relation coupable par un signe aussi grand qu’un enfant. J’ai envie de voir pousser mon ventre et de voir l’excitation dans ses yeux à se demander si le fruit de notre amour/passion nous ressemblera. J’ai envie que mon enfant l’appelle papa et lui ressemble. J’ai envie de bien de choses. Puis, je me souviens que je ne suis que sa maîtresse, la maîtresse d’un homme marié. Une femme de plus, qui partage sa vie dans l’ombre. Celle qui n’est pas officielle, celle qu’on ne présente jamais à la famille mais seulement à quelques amis très proches, celle qu’on condamne sans procès, celle qu’on accuse de tous les maux et celle qui est coupable d’avoir des sentiments pour un homme marié. Voilà qui je suis. Je suis la maîtresse d’un homme marié.
Mais, je garde espoir de devenir un jour son épouse. Ni première, ni unique, mais deuxième épouse. Nous sommes au Togo et la polygamie est reconnue. Il me le rappelle souvent, comme pour me rassurer quand je prétends perdre mon temps avec lui.
Je pense de plus en plus que j’accepterai de devenir sa femme si jamais il me le demande. J’ai toujours fait attention pour ne pas tomber enceinte. En effet, vous devriez vous en douter, depuis qu’il s’est habitué à moi, il ne veut plus se protéger. Il n’a jamais aimé ça d’ailleurs. Je pense qu’il acceptait de le faire au début de notre relation par ce qu’il n’avait pas confiance en moi. Il vous aime, je le sais et je n’en doute pas. Mais il m’aime aussi, je le sens. Il ne vient pas seulement me trouver pour se rassurer de sa virilité et se convaincre qu’il est encore jeune. Il n’est pas avec moi uniquement pour le sexe. Il s’occupe de moi et est bienveillant. Il s’inquiète pour moi et fait des projets avec moi. Me croiriez-vous si je vous disais qu’on discute de mes plans d’avenir et de mes rêves, si je vous disais combien il est inquiet et bouleversé quand je suis malade. Je crois que vous n’avez pas besoin de tout savoir.
Je vais m’arrêter ici avec l’espoir que cette missive sera accueillie comme je l’espère. Une sorte de confidences pour vous aider à trouver des réponses à toutes ces questions sans réponse que vous vous posez depuis que votre époux est devenu distant et absent et qui sait, à vous préparer peut être au pire.
Cordialement.




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