L’année 2022 tire progressivement à sa fin et je me permets de partager enfin avec vous mes lectures du premier semestre de l’année. Je devais écrire ce billet depuis plusieurs semaines mais le temps me fait cruellement défaut ces derniers mois. Au cours du premier semestre de 2022, j’ai lu 20 livres dont 17 nouveaux livres et 3 relectures. On me demande souvent comment je fais pour lire autant. Je réponds toujours que lire fait partie de mon quotidien. C’est si simple et naturel pour moi de prendre un livre et de le lire à n’importe quel moment de la journée. Cette année n’a donc pas fait exception, j’ai décidé de continuer à partager avec vous mes lectures, en me disant qu’elles intéresseront quelques personnes et les inciteront à se rendre en librairie ou en bibliothèque pour se les procurer. D’ailleurs, je me suis décidée à terminer cet article et à le publier parce qu’un de mes étudiants m’a dit qu’il ne découvrait plus de nouveaux livres à lire sur mon blog. Voici donc de manière résumée les lectures qui ont marqué mes six premiers mois de l’année.
- De quoi aimer Vivre, Fatou DIOME
L’auteure sénégalaise Fatou DIOME n’est plus à présenter. Ses œuvres passées ont été couronnées de succès au point qu’elle se trouve sur le top10 de mes écrivains préférés. Le titre invite le lecteur à s’y aventurer. 10 nouvelles dans un style caustique, poétique et unique à l’auteure dans lesquelles humour, passion, amour, violence se côtoient. Il faut se concentrer pour saisir le sens de ses phrases. Le style de l’écrivaine a beaucoup évolué dans ce recueil. Dans chacune des nouvelles, l’amour est présent et au rendez-vous : amour partagé, amour non déclaré, amour violent, amour d’un enfant pour son grand père. Dans ses nouvelles, elle analyse les comportements et sonde les cœurs d’une galerie de personnages rêvés ou croisés : qu’ils aient le cœur en berne ou comblé, tous savent, au fond, que « l’amour est la grande affaire de nos vies ». C’est l’amour qui nous donne de quoi aimer vivre. J’ai particulièrement aimé la nouvelle « le Vieil homme sur la barque » qu’elle a écrit en hommage à son grand père.
2. Une Vie, Simone VEIL
Depuis quelques mois, j’ai décidé de lire des biographies pour apprendre des devanciers afin de s’inspirer si possible de leurs expériences et de tirer des leçons de leurs vies. C’est pourquoi quand j’ai eu l’occasion de lire la biographie de Simone VEIL, je n’ai pas hésité. Beaucoup d’auteurs choisissent de titrer leur autobiographie Une vie. Simone VEIL, femme politique française, fait partie de ceux-là. Dans ce livre plein d’émotions, elle lève le voile sur sa vie, son enfance, sa déportation par les Nazis au cours de la deuxième guerre mondiale, l’assassinat de ses parents, son mariage et son parcours professionnel avec une focalisation sur les fonctions ministérielles qu’elle a assumées. Elle explique entre autres dans ce livre les raisons pour lesquelles elle a présenté et fait voter la loi portant dépénalisant de l’IVG en France.

3. Perdre le Corps, Théo ANANISSOH
Théo ANANISSOH a le don d’écrire le Togo, de décrire les paysages du Togo et créer la terre de nos aïeux d’une façon unique. Je peux affirmer à présent qu’après avoir lu seulement 3 œuvres de l’auteur, si l’on me présentait un texte à lui, je serai capable de l’identifier. Perdre le corps est une célébration du Togo, dans sa diversité, sa géographie et son histoire.
« Perdre le corps » est un roman bien écrit, dans un style propre à l’auteur, précis, agréable et concret. Le titre invite à la lecture et l’on n’est pas déçu au fil des chapitres courts mais denses. Une histoire d’amour, entre Minna (joli nom en passant, en mina ?) et Maxwell, un jeune homme sans moyens. Il s’agit aussi d’une histoire d’amitié et de générosité mais aussi de harcèlement. La fin du roman est révoltante et on en veut à l’auteur. Au-delà des histoires d’amour ou de harcèlement qui s’y racontent, ce roman rend un hommage au Togo. Le Togo du sud au nord, le Togo des Ewe, des Mina, des Moba, des Kabyè et bien plus, le Togo avec ces fleuves Oti et Mono, ses plaines et ses plateaux, ses montagnes et ses cascades, ses hommes et ses femmes, capables du pire et du meilleur, bien souvent au nom de la femme ou de l’amour.

4.Le soleil attendra, Sandra AHAVI
Je ne dévoilerai pas le contenu de ce livre en vous offrant un aperçu de l’histoire qu’il raconte. C’est une histoire rocambolesque digne d’un film de Hollywood, où le sexe, le sang et l’alcool font bon ménage. Je n’ai pas aimé le style même s’il s’agissait d’une collection Plume libre. J’ai trouvé le style vulgaire et les personnages atypiques. Ce roman n’est pas un livre pour enfant, sans aucun doute mais il vaut la peine d’être lu si l’on est en quête d’évasion ou de sensations fortes.

5. Les veilleurs de Sangomar, Fatou DIOME
Ce roman ne fait que confirmer ce que je savais déjà au sujet de l’auteure. « Les veilleurs de Sangomar » est un pur délice d’imagination et de poésie pour les amoureux du roman. L’histoire se déroule sur l’île de Sangomar où la jeune veuve Coumba, pleure son mari disparu dans le naufrage du Joola, au Sénégal.
Même si tout le monde autour d’elle lui rappelle qu’elle est jeune et qu’elle a la vie devant elle, elle refuse d’oublier son amour parti trop tôt. Elle a recours à l’animisme pour invoquer toutes les nuits l’âme de son bien aimé. C’est ainsi que chaque nuit, « après le cortège des prières rituelles et des visites obligées, Coumba peut enfin faire face à son chagrin, consigner les souvenirs heureux, invoquer les morts. Alors, sa chambre s’ouvre grand aux veilleurs de Sangomar, esprits des ancêtres et des naufragés qui lui racontent leur destin et la mèneront à la rencontre de son immortel aimé ».

6. Le cahier à Zénia, Steve BODJONA
Le Cahier à Zenia est un délice que j’ai savouré en 3 heures chrono. L’histoire se laisse lire aisément comme du bon lait qui se laisse boire. Sur la forme, le livre est facile en prise en main avec une belle couverture et des feuilles de bonne qualité. Sur le fond, j’ai été touchée par le style de l’auteur qui a fait de ce livre une ode à la géographie du Togo. Ce roman écrit sous forme épistolaire parle du Togo et de ses villes. Sotouboua la ville rouge et Kpalimé la plus belle y ont la part belle. J’ai apprécié ce branding national de haute facture, la mise en avant de nos cascades, nos montagnes, nos repas et nos boissons et nos services. Les thématiques abordées sont d’actualité dont le tourisme, le développement, la pandémie de la Covid 19, les enfants de rue, l’entrepreneuriat, la famille, l’amour, l’amitié. L’histoire de Koffi-dè et sa dulcinée Zénia ressemble à un rêve et cette si longue lettre la raconte si bien.

7. Cantique de l’Acacia, Kossi EFOUI
Pour échapper à un ordre patriarcal, une femme s’est enfuie sur un vélo, à travers la boue des marais, avec un homme qui deviendra plus tard le père de son enfant. Le roman évoque aussi des aspects de la maternité ou de la parentalité dont on parle peu de nos jours. J’ai retenu de ce roman qu’ » Il faut se mettre à trois pour faire un enfant « , à savoir « le mâle, la femelle et l’Invisible ». Le livre parle des traditions dans l’Afrique actuelle en mettant en exergue l’Acacia, l’arbre de l’innocence. Il s’agit d’un magnifique hymne au courage de vivre, porté par trois générations de femmes en révolte dans l’Afrique d’aujourd’hui.

8. Vies et Visages, Nana TECLA
C’est un roman qui raconte l’histoire de plusieurs vies d’où le titre et aborde des thématiques telles que l’amour, l’amitié, la sexualité, la parentalité, la grossesse et la famille.« Vies et Visages » édité par les Éditions Awoudy du Togo répond aux interrogations sur le mariage et le choix du conjoint entre autres. Par ailleurs, ce roman présente l’évolution de la grossesse d’une façon peu abordée dans des romans. C’est ce que j’ai personnellement aimé dans le livre.

9. L’art de développer son réseau relationnel, Geneviève MORAND
Disposer d’un réseau, c’est la clé. Savoir le mobiliser l’est tout autant. Ce livre présente de façon assez simple des astuces pour « penser réseau et créativité ». Il partage les bonnes pratiques des auteurs en termes de réseautage et de créativité et propose des outils pour fonctionner pleinement et harmonieusement en mode réseaux.

10. Comment se faire des amis, Dale CARNEGIE
De ce livre, j’ai retenu que pour se créer des amitiés, influencer les autres et les gagner à notre cause, il est important de savoir ménager leur égo. En ce sens, il y des gestes quotidiens que nous devons adopter pour faciliter les rencontres amicales fructueuses. Selon Dale Carnegie, il faut : s’intéresser réellement aux autres, éviter de critiquer, sourire et ne jamais dire aux autres qu’ils ont tort. Il faut également retenir les prénoms de nos interlocuteurs ou des personnes que nous rencontrons, les complimenter sincèrement, leur faire sentir leur importance, les motiver et toujours ménager leur amour-propre.

11. The road to financial freedom, Prince MBOUNGOU BATANTOU
Le titre est en anglais parce que j’ai lu ce livre écrit en anglais. Je vous rassure toutefois que sa version française existe. La voie pour l’indépendance financière est un livre qui parle de l’argent, ce sujet tabou qui nous dérange. Il traite du sujet de l’indépendance financière (ce qui veut tout simplement dire avoir des revenus sans un effort personnel supérieur à nos dépenses). Ce sujet n’est pas connu de beaucoup et pourtant c’est une étape cruciale pour toute personne qui rêve devenir riche. Ce livre a été écrit dans un langage simple et clair. Il n’est pas dense et donne les tactiques nécessaires pour une gestion efficace de l’argent afin d’aboutir à l’indépendance financière. En guise d’exemple, pour ne plus être stressé par rapport à l’argent, il faut avoir non seulement différents revenus mais il faut que les revenus mensuels soient plus élevées que les dépenses tout simplement.

12. Je vais bien, SOECHA
Dans un style poétique, l’auteure aborde les travers de la jeunesse entre addictions, détresse et douleur. Le roman aborde deux sujets tabous de la jeunesse en Afrique que sont le viol et le suicide. Pour l’auteur, « jeunesse rime avec SMS. Mais elle pourrait également bien rimer avec SOS. Le concept de douleur est trop souvent réprimé en Afrique car aller mal est presque devenu une honte, un tabou. Cela ne vient que s’ajouter à la liste un peu trop longue des construits psychologiques et sociaux que notre chère Afrique nous a légués ». C’est donc ce qu’Adjowa, le personnage principal de l’œuvre, vit dans le récit. J’ai aimé la simplicité du titre. La beauté est dans la simplicité. Dans ce livre, l’auteure parle du fait qu’on dit toujours « Je vais bien » alors que parfois, il n’en est rien.

13. Reflets, ouvrage collectif
« Reflets » est un recueil de dix nouvelles de jeunes auteurs africains de différentes nationalités. Ce recueil séduit par la diversité des histoires qu’il relate et décrit l’Afrique sous différentes réalités. Il suscite la curiosité par sa diversité. Les nouvelles parlent de l’amour, la famille, la fatalité, le viol, l’éducation, la paix. On y retrouve les titres singuliers tels que : 22h22, À bout de souffle, Black panther, Blessures assassines, Cœur meurtri, Dernière chance. Reflets, c’est aussi dix manières de décrire le continent africain dans sa pluralité.
14. Crise d’autorité, abus de pouvoir, Mgnr Nicodème BARRIGAH
Dans l’article ENTRE Crise d’autorité ET Abus de pouvoir, j’ai fait la recension de cet ouvrage après sa lecture.

15. Petites leçons de diplomatie, Frédéric ENCEL
L’ouvrage présente de façon concise 13 leçons de diplomatie avec des exemples concrets des dirigeants du monde comme Barack OBAMA, ERDOGAN, POUTINE pour démontrer que la diplomatie est un art qu’il faut manier avec habileté pour parvenir à ses fins. Toutefois, j’ai remarqué que ces petites leçons de diplomatie sont aussi utiles à tous les hommes qu’importe leur statut ou situation personnelle.
16. Diplomatie et diplomate : l’Afrique et le système des relations internationales, Guy Ernest SANGA
Il s’agit d’un ouvrage professionnel consacré à l’analyse de la diplomatie africaine en prenant comme point de repère la diplomatie camerounaise des années 90. J’ai choisi de lire ce livre pour faire une analyse comparative de la politique étrangère du Togo et celle du Cameroun.
17. Le droit des relations internationales, Agnès GAUTIER-AUDEBERT
Je l’ai lu au titre des ouvrages professionnels que je dois lire de temps en temps pour approfondir mes connaissances dans mon domaine. L’ouvrage est bien écrit et m’a été prêté par mon directeur. J’ai eu du mal à le lui rendre parce que c’est un ouvrage que j’aurais aimé avoir dans ma bibliothèque personnelle. J’ai donc décidé de l’acheter dès que j’aurai l’occasion parce que ce ne sont pas des livres qu’on trouve facilement dans les librairies de Lomé.
Enfin, je termine ce billet avec mes 3 relectures du premier semestre que sont le recueil de nouvelles Amenyeo de Marek ABI, Lèvres éphémères d’Ayi Renaud DOSSAVI et la sirène des bas-fonds de Noun FARE. J’ai fait une relecture de ces œuvres d’auteurs togolais par ce que je me disais que je devais lire encore plus de nouvelles si je voulais en écrire plus souvent.
Nous voici à la fin de ce billet. J’espère que vous trouverez des titres qui vous intéresseront. Pour ma part, je suis curieuse de découvrir en commentaire vos lectures de l’année en cours ou ce que vous lisez en ce moment. A bientôt.




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