La vie a cette manie de nous jouer des tours quand on s’y attend le moins. Je vous en dirai plus dans le présent billet. La session 15 Yali du Togo a une particularité. 5 femmes et 4 hommes qui font les choses à leur manière et rythme sans pour autant verser dans la facilité. Pour la réalisation de leur projet de service communautaire, ils ont décidé de quitter la capitale pour aller en périphérie. Le choix a été porté sur la préfecture de Vô au sud du Togo, plus précisément Badougbé. Mais l’arrivée à Badougbé ne se fit pas sans difficultés. Docteur Hope, initiateur de cette activité, dans le cadre de son projet « Pas avant le Bac » n’avait pas été avare en informations. La localité se trouvait de l’autre côté du Lac Togo. Pour y arriver, nous avions 2 options en termes d’itinéraire :
- Contourner : Lomé Aneho/ Aneho Glidji/ Glidji Badougbé
- Traverser Lomé Kpémé (Sewatikopé) Sewatrikopé Badougbé en pirogue
Avec moult discussions, la décision majoritaire fut de traverser. J’avoue que cette option me fit longuement réfléchir. Moi, prendre une pirogue avec tous les risques que cela comporte. C’est vrai, j’avais déjà eu à faire des traversées. En Egypte, un tour sur le Nil et un autre pour visiter les nouvelles installations du Canal de Suez en octobre 2017, une traversée en ferry pour rallier Liberty Island et visiter la statue de la liberté l’année dernière et une autre traversée à bord d’une chaloupe pour visiter l’île de Gorée cette année. Mais pour toutes les traversées précitées, nous avons utilisé des petits bateaux à moteur, modernes et qui n’avaient rien à voir avec les fameuses pirogues, fragiles et précaires de Kpémé qui dépendaient d’un homme et d’un bâton pour avancer.
Le trajet vers notre destination a connu des hauts et des bas. Une panne de voiture en route et une première traversée sous un léger vent pour la phase aller. Toutefois, nous tenons à y aller. Le projet « Pas avant le bac » avait besoin de nous. En effet, les zones rurales de notre pays sont souvent marquées par le manque d’informations à l’égard des populations sur bon nombre de sujets d’intérêt national ou international. Cette activité était attendue et justifiée car les situations de grossesses précoces et les cas d’abandon des classes dans la zone devenaient récurrents et inquiétants. Il convient de rappeler que le projet « Pas avant le bac » vise à sensibiliser les jeunes filles de la zone sur la nécessité de ne pas contracter une grossesse avant le Bac et à encourager ainsi leur scolarisation. Il s’agit donc d’une série d’actions soutenues notamment les sensibilisations et les dons aux jeunes filles méritants, entre autres.

L’activité du 09 octobre dernier s’est bien déroulée et les élèves ont été très réceptifs et enthousiastes. En l’occurrence, il s’agissait d’une séance de sensibilisation à l’endroit d’une centaine de jeunes filles du collège et du lycée de Badougbé sur l’importance de l’éducation de la jeune fille. Une allocution de circonstance, une causerie débat, une série de questions réponses et la remise des dons ont été les faits marquants de cette après-midi. A noter par exemple un nombre de 7 filles sur un effectif de 90 élèves en terminale D qui prouve à suffisance les cas d’abandon d’études par les filles dans le milieu.

Aussitôt la remise de dons faite et les photos de famille prises, une légère pluie a débuté, assez pour alarmer les uns et les autres. Nous avons embarqué à 17h30 dans une pirogue le cœur battant sous une fine pluie pour rejoindre la rive opposée. Une traversée d’une dizaine de minutes et aussitôt arrivé à la terre ferme, un grand orage s’est abattu sur le lac. C’est le cœur libéré de l’angoisse et le visage souriant que nous nous installâmes pour la collation au bord du lac avant le retour à Lomé. Je ne dirai pas ce qui est arrivé aux bons plats que Clément a transportés de Lomé à Badougbé. Ce qui se passe à Badougbé reste à Badougbé.lol.

Le trajet retour fut tranquille mais plus long. La crevaison de l’aller était encore dans toutes les têtes. La leçon était apprise. Le plus important dans la vie, ce n’était pas de courir mais d’avancer lentement mais sûrement.




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